Guitaristes de légende.

Eric Clapton (biographie dernière partie)  (Guitaristes de légende.) posté le jeudi 23 novembre 2006 20:50

Les années noires  

Au début des années 70, la fin tragique de Derek and The Dominos, groupe qui avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices, et son amour malheureux pour Patty Boyd ont plongé Clapton dans la déprime. Il commet alors la même erreur que de nombreux musiciens de son époque, en cherchant consolation et oubli dans l'héroïne. Commence une terrible période de dépendance à cette drogue qui le marquera à vie : durant trois ans, Clapton n'enregistre pas, et ne sort de sa retraite qu'à quelques rares occasions comme le concert pour le Bangladesh organisé par George Harrison.

C'est un autre musicien qui l'aidera à sortir de cette spirale infernale : Pete Townshend, guitariste des Who et ami de Clapton fonde un singulier supergroupe (2 ex-membres de Blind Faith, 2 ex-Traffic, plus Ron Wood, Townshend lui même et quelques autres) et pousse Eric à en prendre la tête pour deux concerts au Rainbow Theatre de Londres. Clapton y apparaît diminué, son jeu abîmé par ses trois années de dépendance, mais il est bien vivant, et Townshend atteint son but : lui montrer qu'il peut encore s'en sortir. Clapton suivra ensuite une cure de désintoxication avec notamment un voyage en Jamaïque au cours duquel il rencontrera Bob Marley, dont il aide à lancer la carrière internationale en reprenant I Shot the Sheriff sur son album 461 Ocean Boulevard. Mais les problèmes personnels de Clapton ne sont pas terminés : s'il est parvenu à se débarrasser de son problème de drogue, il retombe encore régulièrement dans l'alcoolisme, malgré des succès discographique qui s'enchaînent.

En 1976, Clapton est au centre d'une polémique relative à des propos racistes qu'il a tenus lors d'un concert à Birmingham. En effet, au cours du concert, il a appelé le public à voter pour Enoch Powell (politicien britannique très controversé) afin d'éviter que le Royaume-Uni ne devienne une "colonie noire".

La fin des années 1970 voit Clapton retomber dans l'alcoolisme ce qui l'amène à être hospitalisé puis à suivre une cure à Antigua, là même où quelques années plus tard il finance la création d'un centre de désintoxication : The Crossroad Center.

En 1985, il rencontre Yvonne Khan Kelly avec qui il entame une relation qui voit la naissance d'une petite fille, Ruth, la même année. Clapton divorce alors de Pattie Boyd en 1988.

Puis, deux tragédies majeures affectent Clapton au cours du début des années 1990. Tout d'abord, le 27 août 1990, le guitariste Stevie Ray Vaughan qui tourne avec Clapton meurt avec deux autres membres de la tournée dans un accident d'hélicoptère. Clapton devait à l'origine faire partie du voyage mais il laissa sa place au dernier moment à Stevie Ray Vaughan. Ensuite, le 20 mars 1991, son fils de quatre ans, Conor, meurt après une chute de la fenêtre de leur appartement. La chanson Tears in heaven (récompensée par un Grammy Award) relate les émotions de Clapton à propos de ce drame.

Le renouveau de Slowhand

En 1991, Eric Clapton pousse son vieil ami, l'ex Beatles George Harrison, à reprendre la route. Ils commencent par une tournée au Japon où Eric et George reprennent les vieux standards de ce dernier. Une tournée européenne est prévue mais est avortée. Un enregistrement en public est cependant disponible : Live In Japan.

Les albums Unplugged (1992) et From The Craddle (1994) signent le retour de Clapton sur le devant de la scène musicale internationale. Dans le premier, il met en avant un jeu de guitare acoustique économique et efficace en reprenant notamment de vieux standards blues.

En 1997, Clapton sort un album de musique électronique, Retail Therapy, sous le pseudonyme de TDF. On retrouvera des inspirations de musique électronique dans ses albums suivants comme Pilgrim et Reptile notamment par l'utilisation de boucles de batterie.

Quelques années plus tard, Eric Clapton interprète une brillante version de la chanson Layla dans les jardins de Buckingham Palace pour le jubilé de la reine Élisabeth II en compagnie de Phil Collins à la batterie. Il est rejoint ensuite par Paul McCartney au piano pour jouer une émouvante reprise de While My Guitar Gently Weeps de George Harrison, disparu le 29 novembre 2001.

En 2004, Clapton sort un album intitulé Me & Mr Johnson où il interprète la quasi totalité des chansons d'une de ses idoles, Robert Johnson.

En 2005, Eric Clapton reforme Cream avec Jack Bruce et Ginger Baker pour une série de concerts qui se tiennent les 2, 3, 5 et 6 mai au Royal Albert Hall de Londres. Les concerts sont enregistrés et font l'objet d'une publication sous forme de DVD et CD à la fin de la même année.

Clapton présente son nouvel album, "Back Home" sorti en août 2005 et composé de 12 chansons dont cinq écrites avec l'aide de Simon Climie.

En 2006, Eric clapton organise une tournée dans toute l'Europe du 5 mai jusqu'au 31 août.

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Eric Clapton (biographie 3ème partie)  (Guitaristes de légende.) posté le jeudi 23 novembre 2006 20:25

Delaney, Bonnie And Friends

Pendant l'expérience Blind Faith, Eric Clapton a fait la connaissance de Delaney et Bonnie, un couple de musiciens « simples, naturels, libres et pas du tout vaniteux », qui prennent simplement plaisir à jouer : tout le contraire des « supergroupes ». Il décide de les rejoindre et les accompagne pour une tournée européenne. Au cours de ce voyage, Clapton s'ouvre à des influences musicales autres que le blues : musique sud-américaine, ballades, chansons lentes, chansons d'amour, thèmes country, qu'il exploitera par la suite. Cependant, la période « Delaney, Bonnie and Friends » est à son tour de courte durée ; en septembre 1969, Clapton est entré dans le cercle restreint des Beatles en participant à un concert donné par John Lennon et Yoko Ono ; il a aussi fait connaissance avec George Harrison. Delaney et Bonnie ne l'acceptent pas, et la séparation intervient en 1970.

Layla

En mars 1964, George Harrison a rencontré le jeune mannequin Pattie Boyd sur le tournage d'un film. C'est le coup de foudre ; Harrison est fou d'elle, et ils finissent par se fiancer. Clapton, lui, a fait la connaissance du couple pendant l'été 1967 ; George et lui sont rapidement devenus de grands amis ; Harrison collabore à « Badge », inclus dans le dernier album de Cream, et Clapton participe efficacement au premier album en solitaire d' Harrison, « All Things Must Past ». Leur amitié est donc de plus en plus soudée, mais ne se limite pas à des goûts musicaux communs : très vite, Clapton tombe à son tour amoureux de Pattie. Non partagée à l'époque, cette passion est transposée dans l'une de ses meilleures chansons : « Layla ».

Le prénom « Layla » a été suggéré à Clapton par la lecture d'un livre persan, The Story of Leïla and Majnun du poète Nizami, qui raconte l'amour passionné d'un homme pour une femme mariée. Mais une troisième influence, essentielle dans la composition de ce chef-d'œuvre, est celle du guitariste Duane Allman qui collabore à l'époque avec Clapton au sein de Derek and the Dominos. Clapton et Allman étaient en admiration l'un pour l'autre, et s'entendaient à merveille pour reprendre de vieux blues tels « Nobody Knows You When You're Down and Out » ou « Have You Ever Loved A Woman ».

Derek and the Dominos se désagrégèrent pendant l'enregistrement de leur second album, les egos des musiciens étant exacerbés par les drogues. Quelques titres très réussis des séances du second album parurent en 1988 sur le coffret 'Crossroads'. Il faut en particulier retenir « Got To Get Better In A Little While », sûrement l'une des meilleures chansons d'Eric Clapton qui la reprendra d'ailleurs pendant sa tournée 2004. Derek and the Dominos n'eurent donc finalement le temps de n'enregistrer qu'un seul album complet, Layla and Other Assorted Love Songs, (plus un live magistral) et le groupe fut touché par de nombreuses tragédies. Duane Allman mourut d'un accident de moto le 29 octobre 1971, le bassiste Carl Radle mourut dans l'alcool en 1981, le batteur Jim Gordon tua sa mère à coup de marteau lors d'une crise de schizophrénie, et Jimi Hendrix, auquel les Dominos avaient rendu hommage en reprenant « Little Wing », mourut sans avoir pu entendre cette reprise.

Pattie Boyd quitte George Harrison en 1974 pour épouser ensuite Eric Clapton en 1979

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Eric Clapton (biographie 2ème partie)  (Guitaristes de légende.) posté le mercredi 22 novembre 2006 18:09

Les Bluesbreakers

Il part donc se reposer à Oxford, chez Ben Palmer (l'ancien guitariste des Roosters). Mais cette pause ne dure pas longtemps : dès mars 1965, John Mayall lui propose de rejoindre les Bluesbreakers. À l'époque, les Bluesbreakers sont déjà une référence du R&B britannique; Clapton accepte donc la proposition. Accessoirement, il change sa Fender Telecaster pour une Gibson Les Paul. Avec les Bluesbreakers, Eric Clapton se sent à l'aise mais manque de sérieux : il vient quand il en a envie, ne tient pas toujours ses engagements. La routine des concerts le lasse aussi assez rapidement et en août 1965, il laisse littéralement tomber les Bluesbreakers pour suivre un groupe composite supposé parcourir le monde : The Glands.

L'intention première de ce groupe de « musiciens voyageurs » était de parcourir le monde dans un autobus à deux étages, en jouant un peu partout. Leur épopée s'acheva cependant assez rapidement en Grèce, d'où ils revinrent sans un sou après avoir eu un accident de la route et s'être presque faits kidnapper à Athènes.

De retour à Londres en octobre 1965, Clapton appelle donc Mayall ; le fils prodigue retrouve sa place parmi les Bluesbreakers. À cette époque, les succès s'enchaînent. Clapton se fait un nom ; de simple guitariste de groupe, il devient une véritable idole. Sur les palissades, dans le métro de Londres, fleurit l'inscription « Clapton is God ». Cette célébrité soudaine s'avère difficile à assumer pour le jeune guitariste, qui hésite dans ses déclarations entre la conviction qu'il possède des « pouvoirs » et leur dénégation.

En mars 1966, Clapton, Mayall et les Bluesbreakers enregistrent l'album « John Mayall's Blues Breakers With Eric Clapton ». Il connaît un succès mérité ... mais le titre, ambigu, ne satisfait ni les membres des Bluesbreakers, ni Clapton qui trouve que son nom « se voit moins que celui de John Mayall ». Quand l'album sort en juillet 1966, Clapton a déjà quitté le groupe. Il vient en effet de former avec Jack Bruce et Ginger Baker un « supergroupe » qui deviendra bientôt Cream.

Cream

La création de ce nouveau groupe, qui réunissait Eric Clapton, Ginger Baker et Jack Bruce, est assortie d'un battage médiatique sans précédent ; plusieurs déclarations de l'entourage des trois musiciens mettent en valeur la réunion des trois « stars »; dans les faits, cependant, leur association se fonde plus sur leurs rivalités que sur une réelle émulation. Plus tard, Henry Shapiro exprimera clairement la situation : « Cream est mort le jour où ils ont cessé de faire des étincelles entre eux ». Le « supergroupe » enregistre tout de même trois disques : Fresh Cream, Disraeli Gears, et Wheels Of Fire. Du côté du look, c'est l'époque des cheveux à la Jimi Hendrix... En mars 1969, un dernier album, Goodbye Cream, sort alors que le groupe n'existe plus. Un concert a été organisé en mai 2005 au Royal Albert Hall à Londres. Ginger Baker, Jack Bruce et Eric Clapton se réunissaient pour faire revivre Cream une dernière fois.

Blind Faith

Clapton fonde ensuite le groupe Blind Faith, d'abord avec l'ex-organiste et chanteur de Traffic Steve Winwood, à qui s'ajoute (après que l'industrie du disque décide d'accélérer les choses) l'ex-Cream Ginger Baker (à la batterie). La frénésie que déclenche chez les fans la création de ce nouveau groupe dépasse encore celle suscitée par la formation de Cream. Blind Faith apparaît pour la première fois en public à Hyde Park, le 7 juin 1969. Les musiciens, en particulier Clapton, semblent tendus ; le public est déçu. Malgré plusieurs tentatives pour recoller les morceaux et une tournée aux États-Unis, Blind Faith ne sera jamais à la hauteur des attentes qu'il a suscitées. Le groupe se dissout donc de nouveau, rapidement.

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Jimi Hendrix (biographie dernière partie)  (Guitaristes de légende.) posté le mercredi 22 novembre 2006 17:41

Influence

Jimi Hendrix s'est toujours affiché dans les médias comme étant un authentique bluesman. Ses guitaristes fétiches étaient Elmore James et Albert King, deux grands bluesmen des années 1950. Sur le live à l'Olympia, il interpelle le public : "have you heard about Muddy Waters ? and what about John Lee Hooker ?".. Il s'est reconnu des affinités également avec le jazz de la fin des années 1950 (Miles Davis, John Coltrane, Charlie Mingus, etc). Il est aussi influencé par le rock britannique, et notamment par Hank Marvin, le guitariste des Shadows.

Mais c'était surtout un musicien agile, instinctif et très inventif, avec un sens du son et de la scène hors du commun.

Il a révolutionné l'approche de la guitare électrique et de ses multiples effets (avec notamment l'usage abondant de la distorsion, du feedback - visant à contrôler par diverses techniques de vibrato l'effet larsen des amplificateurs - et de la pédale wah-wah), et poussé à leurs limites les techniques d'enregistrement en studio de l'époque avec l'aide importante de son ingénieur du son habituel, le Britannique Eddie Kramer.

La technique guitaristique visionnaire de Jimi Hendrix, son approche du son ainsi que son approche spectaculaire de la scène font de Jimi Hendrix l'un des musiciens les plus aboutis du rock, l'un des précurseurs du hard rock et du jazz rock, et l'un des guitaristes les plus considérables de l'histoire de la musique. On peut dire qu'il a inspiré tous les guitaristes/bassistes de rock et de jazz qui ont suivi. Ses talents d'instrumentiste ont fait dire de lui qu'il avait « tué » la guitare électrique comme Charlie Parker avait tué le saxophone alto. Ses cris de guitare évoquent également les « cris primals » du saxophone de John Coltrane à l'avènement du free jazz.

Anecdotes

  • Il était gaucher et jouait, quel que soit le modèle, avec une guitare pour droitier en inversant les cordes (la famille de Jimi, issue d'un milieu très modeste n'avait pu se permettre de lui offrir une guitare de gaucher au coût bien plus important).
  • Ses prénoms à la naissance étaient « John Allen ». Son père, revenant après la guerre, les a ensuite changés pour « James Marshall » en l'honneur de son frère décédé (surtout parce que l'amant de Lucille, la mère de Jimi, s'appelait John Williams...)
  • Dans la fin de l'année 1970, Eric Clapton sort l'album de Derek & The Dominos. Sur cet album apparaît un des grands succès de Clapton, Layla et une reprise de Little Wing de Jimi Hendrix. C'était une sorte de cadeau pour Jimi qui ne l'entendra jamais.
  • Jimi s'accordait souvent en mi-bémol, en descendant l'accordage standard de la guitare d'un demi ton ; une habitude qu'il a peut être prise pour être plus en phase avec les musiciens de r&b qu'il fréquentait auparavant aux États-Unis, grands utilisateurs de cuivres, jouant facilement en mi-bémol ou si-bémol.

Citations

  • « Jimi Hendrix peut prendre deux musiciens blancs et les faire jouer à vous faire tomber sur le cul » - Miles Davis
  • « Hendrix est un des personnages les plus révolutionnaires de la culture pop, musicalement et sociologiquement parlant. Le public féminin trouve Hendrix beau (peut-être un peu épouvantable), mais en tout cas sexy. Le public masculin pense qu'il est un guitariste et un chanteur phénoménal. Les types semblent aimer le fait que leurs petites amies soient sexuellement attirées par Hendrix. Très peu sont froissés par son charme ou l'envient. Ils renoncent ou alors ils se payent une Fender Stratocaster, une pédale wah wah et quatre amplis Marshall » - Frank Zappa
  • « S'il ne reste qu'un nom dans toute l'histoire du rock'n'roll dans cent ans, ne cherchez pas, ce sera forcément Jimi Hendrix. » - Pete Townshend
  • « Quand le pouvoir de l'amour vaincra l'amour du pouvoir... le monde connaîtra la paix » - Jimi Hendrix
  • « Stay cool, stay groovy, stay tuned, stay experienced... » - Jimi Hendrix
  • « Is it tomorrow, or just the end of time ? » - Jimi Hendrix
  • « Ce que Mozart et Tchaïkovsky représentent pour les amoureux de musique classique, Hendrix a représenté la même chose, sinon plus, pour toute une génération. » - Tony Palmer, The Observer, 20 septembre 1970
  • « Non ! Pas Jimi. J'aurais préféré que ce soit moi. Pas lui » - Eric Clapton à l'annonce de la mort de Jimi Hendrix
  • « La connaissance parle, la sagesse écoute » - Jimi Hendrix
  • « When the power of love overcome the love of power...the World will know peace... »jimi hendrix.
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Jimi Hendrix (biographie 2ème partie)  (Guitaristes de légende.) posté le mercredi 22 novembre 2006 17:37

L'Expérience londonienne

À son arrivée, des auditions sont organisées pour trouver les musiciens qui l'accompagneront. En hommage à Cream (le groupe d'Eric Clapton) Jimi décide d'opter pour un trio, et ce sont Mitch Mitchell et Noel Redding qui sont retenus. Il adoptera alors définitivement le nom de Jimi Hendrix (au lieu de Jimmy) sur les conseils de son manager.

Faute de répertoire personnel, le premier single de The Jimi Hendrix Experience sera une reprise : Hey Joe sort en 1966 et sera un succès. Leur première tournée sera en France cette même année en première partie de Johnny Hallyday, qui les conduira jusqu'à l'Olympia de Paris le 18 octobre 1966. Ce concert fut donné après quatre répétitions du groupe.

C'est pour assurer sa promotion sur le marché américain que Jimi participe au Monterey International Pop Festival le 18 juin 1967. Hendrix arrive à Monterey le 16 juin. Il a laissé sa strat customisée chez lui; un oubli. On lui en trouve une mais la couleur ne lui plait pas et il la repeint donc avec une laque spéciale (et inflammable...). Le soir du concert, une dispute avec Pete Townshend des Who pour savoir qui jouera le premier conduit à la conclusion suivant : personne ne veut passer en 2ème, mais finalement, Hendrix cède en ajoutant "Si on joue après vous, on casse la baraque." C'est ce qu'il a fait. Le concert lui permet d'entrer dans la légende aux Etats-Unis et une image particulière restera dans les mémoires: le moment où il sacrifie sa stratocaster en l'immolant par le feu avant de la fracasser sur le sol.

À partir de ce concert Jimi Hendrix s'impose sur un plan commercial sur le territoire américain. Cette période américaine sera difficile pour lui, étant mal considéré par le milieu « pop » américain : venu du Royaume-Uni qui plus est jouant avec des musiciens britanniques blancs. Jimi Hendrix supporte mal les effets de son succès et des pressions seront pour une bonne part à l'origine de son état fragile et dépressif connu dès 1969.

Le deuxième album de l'Experience (Axis: Bold As Love) enregistré à Londres est alors publié. Il apparaît beaucoup plus abouti. Les morceaux s'enchaînent naturellement et Hendrix dévoile également des talents d'auteur.

Son troisième album (Electric Ladyland) enregistré l'année suivante à New York, passe pour être un authentique chef d'œuvre de la musique rock. Cloîtré dans le studio Record Plant, Hendrix se passionne pour la technique, sans cesse à la recherche de sonorités nouvelles, et accueille des musiciens réputés (Buddy Miles, Steve Winwood, Jack Casady, Al Kooper) qui viennent se joindre à lui sur des compositions variées et d'une rare richesse.

Cet enregistrement marque une détérioration des rapports entre Jimi et son bassiste Noel Redding, qui se plaint du peu de place que son leader lui laisse au sein du groupe. Ils se séparent quelques mois plus tard, au printemps 1969, après notamment une série de concert au Royal Albert Hall de Londres et Noel créera un groupe qui n'eut pas de succès.

Les expériences américaines

Au mois d'août 1969, Jimi Hendrix est la principale tête d'affiche du festival de Woodstock. Le festival est très mal organisé et les mises en place de scène se font très lentement. Toute la programmation est alors décalée. Prévu le dimanche soir en clôture de festival, l'orchestre ne joue finalement que le lundi matin (à cause de la trop longue prestations des Who) car la place ne lui est donnée qu'après une heure du matin et ils jugent cela trop tardif. Fatigué et devant un public clairsemé, Jimi Hendrix entre en scène à neuf heures le matin suivant (le 18 Aout) et livre une prestation héroïque, illuminée par une interprétation bruitiste et très engagée de l'hymne national américain qui, en pleine guerre du Vietnam, marquera les esprits et fera scandale devant une assistance qui s'en va peu à peu.

Les Gypsy Suns & Rainbows, composé notamment de percussionnistes "free-jazz" venus de l'orchestre de John Coltrane ne survivront pas au festival de Woodstock et se sépareront peu de temps après, sur pression notamment du producteur d'Hendrix, Mike Jefferie, totalement opposé aux tentations musicales de ce dernier vers le monde du jazz et ses approches vers le trompettiste Miles Davis et l'arrangeur Gil Evans.

Pour la Saint Sylvestre 1970, à New York, c'est avec une nouvelle formation que Jimi Hendrix se produit. Le Band of Gypsys est un trio entièrement afro-américain composé de Billy Cox et du batteur Buddy Miles. Jimi Hendrix y dévoile une sensibilité plus funk et en l'espace de deux journées (le 31 décembre 1969 et le 1er janvier 1970), livre quatre concerts d'une qualité exceptionnelle. Le 28 janvier 1970, lors d'un concert au Madison Square Garden, Jimi Hendrix, dans un état pitoyable, quitte la scène au bout de deux morceaux en annonçant au public bouche bée "J'ai l'impression qu'on ne peut pas se comprendre les uns les autres et jouer ensemble ce soir...", probablement victime d'une surdose de LSD. D'autres (cf. biographie d'Alain Dister ed. Albin Michel) rapporteront que Hendrix était également excédé par le style scénique lourd et imposant de son batteur Buddy Miles qu'il emploiera pourtant par la suite sur son dernier album Cry of Love.

Le trio recomposé ensuite par Jimi Hendrix avec Mitch Mitchell et Billy Cox ne trouvera jamais véritablement de nom. Certains promoteurs continueront à parler du Jimi Hendrix Experience ou le Cry of Love Band. Cela sera pourtant la meilleure formule, celle où le jeu d'Hendrix sera soutenu avec souplesse, équilibre et diversité par deux de ses meilleurs et plus fidèles accompagnateurs.

Jimi Hendrix inaugure mi 1970 son propre studio d'enregistrement à New York, Electric Lady et y enregistrera son dernier album, le méconnu et pourtant lumineux Cry of Love et la bande musicale d'un film pop sans intérêt dénommé Rainbow Bridge" (réédités ensemble en 1997 en cd sous le titre First Rays Of The Rising Sun).

Le Cry of Love Band se produit notamment le 30 août au festival de l'Île de Wight, au sud de l'Angleterre. Jimi Hendrix, en proie à des difficultés juridiques liées à des contentieux avec ses différents producteurs suite à une rupture d'une clause d'exclusivité qui le liait avec son premier producteur américain Ed. Chaplin et financières à cause des surcoûts de construction de son studio d'enregistrement Electric Lady, se montre dépressif et désinvolte, consomme beaucoup de drogues et d'alcool, mange peu et dort mal, apparaît faible sur scène. Il livre une prestation inégale mais poignante.

Dix neuf jours plus tard, après un dernier petit concert dans un club à Amsterdam et exténué par sa tournée européenne, Jimi Hendrix meurt à Londres le 18 septembre 1970, étouffé dans son vomi apparemment suite à une prise excessive de somnifères, associée à une trop grande consommation d'alcool la veille au soir.

Il est enterré à Seattle, sa ville natale, le 4 octobre 1970

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